8 Novembre 2017

TV, tablettes, ordinateur… dès le plus jeune âge : attention !

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Télévision, ordinateur, consoles, tablettes, smartphones… les écrans font aujourd’hui partie intégrante de l’univers de nos enfants. Ils grandissent avec, s’y meuvent comme des poissons dans l’eau sous le regard amusé, attendri, parfois émerveillé de leurs parents… confrontant ces derniers à de nouvelles questions.
Comment les utiliser ? Faut-il les encourager ? Les limiter ? Quel impact ont-ils sur le développement de nos enfants ? Comment les accompagner dans leur usage ?

Dossier réalisé avec Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, Djamila Elguess, puéricultrice de PMI en EDS à Champigny-sur-Marne, Nadiège Misantrope, assistante maternelle à Champigny-sur-Marne et quelques parents.
 

Face à l’émergence des écrans dans nos vies, les professionnels se mobilisent pour donner des repères aux parents et les guider dans l’accompagnement de leurs enfants : recommandations du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel en 2012, avis de l’Académie des Sciences en 2013 et tout récemment une nouvelle campagne « Apprivoiser les écrans et grandir », lancée à l’initiative de Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste, spécialiste de la relation que nous entretenons avec les écrans. Le point sur les principales recommandations envers les jeunes enfants.

Avant 3 ans : les écrans n’apportent rien à l’enfant

En visite chez le pédiatre, une jeune maman s’extasie devant l’habileté avec laquelle son petit garçon de 18 mois manie son smartphone : « regardez docteur, comment Léo empile les cubes ! ». Le médecin sort sa caisse de vieux cubes en bois et propose à l’enfant de les empiler. Le petit n’y arrive pas.

« Avant 3 ans,  le bébé a besoin de construire ses repères spatiaux avec des jouets qui impliquent tous les sens : flairer, toucher, porter à sa bouche ses objets favoris, les secouer pour voir s’ils font du bruit… Il a besoin de découvrir l’espace qui l’entoure : on parle d’une période d’ « explosion motrice ». Il a besoin aussi de construire ses repères temporels avec des rythmes réguliers et les histoires que les adultes lui racontent », explique Serge Tisseron. C’est cela le plus important. À cet âge, les écrans n’apportent rien à l’enfant.

Cela n’interdit pas de lui montrer un  DVD ou de lui proposer des petits jeux sur tablette, si cela se fait en interaction avec le parent. « L’important à cet âge-là n’est pas l’objet avec lequel l’enfant joue, mais la relation avec l’adulte », poursuit le psychiatre. Si vous aimez pianoter sur votre tablette, pourquoi ne pas partager ce plaisir avec votre enfant, mais à condition que la durée soit courte (pas plus de 10 à 15 minutes par jour), que le programme soit bien adapté et que vous ne cherchiez pas à lui faire apprendre quelque chose.

Entre 3 et 6 ans : limiter et accompagner votre enfant

A cette période, l’enfant a besoin de découvrir toutes ses possibilités sensorielles et manuelles. Les écrans interactifs peuvent contribuer à développer certaines formes d’intelligence, s’ils sont introduits progressivement :

Un temps global d’écran par jour : « limitez de 1/2h à 1h par jour le temps global d’écran par jour », conseille Serge Tisseron. Expliquez à l’enfant combien de temps il va pouvoir regarder tel film ou jouer à tel jeu, cela l’introduit dans la durée.

Accompagnez votre enfant : tout comme on commente le livre que l’on regarde avec  l’enfant, on peut commenter les images qu’il voit : « oh tu as vu, le monsieur il est devenu tout rouge ! » « oh là là, il a eu peur… ». On introduit l’enfant au langage, au vocabulaire, aux notions du temps - passé, présent, futur- à l’expression des émotions… Et si vous n’êtes pas à ses côtés, restez à portée de voix  pour qu’il puisse vous interpeller et raconter ce qu’il voit.

Éviter le JT

Chaque jour le journal télévisé apporte son lot de mauvaises nouvelles. Certains diront que cela prépare les enfants à la vraie vie ou que ne comprenant pas ce qu’il voit, cela n’a pas d’importance. Faux ! Le JT donne une vision déformée et angoissante de la réalité. Conçu pour attirer le maximum de téléspectateurs, il privilégie l’émotion et la sensation par rapport à la réflexion. Le problème est que l’enfant spectateur se fie à ses propres références pour donner un sens au récit. N’ayant pas clairement la notion du temps et de l’espace, il imagine que ce qu’il voit à la télévision se déroule à l’instant même à côté de chez lui. Ce fut notamment le cas après le 11 septembre 2001. Nombre d’enfants ont vu les images de l’explosion des Twin Towers en boucle. Les plus jeunes, ne sachant pas qu’il s’agissait des mêmes tours ont imaginé que l’événement s’était produit autant de fois qu’ils l’avaient vu !

 

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