10 Mai 2019

Rougeole : protéger son enfant et les autres

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On observe depuis novembre 2017 une recrudescence de la rougeole en Europe et notamment en France. Avec le Dr Marie-Noëlle Brelle, médecin de PMI

En Île-de-France, 142 cas de rougeole ont été déclarés entre novembre 2017 et août 2018. Dans 40% des cas, la maladie touche des enfants de moins de 5 ans et dans 60% des cas, des jeunes adultes (entre 25 et 35 ans). rès contagieuse, cette maladie peut avoir des complications graves, en particulier chez les personnes fragiles. Seule une meilleure couverture vaccinale permettra d’éliminer la maladie.

Une vaccination en baisseLa cause première de cette recrudescence est une couverture vaccinale insuffisante. « Les gens se vaccinent moins et vaccinent moins leurs enfant », explique le Dr Marie-Noëlle Brelle. Le vaccin contre la rougeole, le ROR combine trois maladies : rougeole, oreillons et rubéole. Il se fait en 2 temps : une première dose qui peut être administrée à partir de 1 an et une deuxième au minimum 4 mois plus tard. « Beaucoup d’adultes, vaccinés enfants, n’ont pas fait la deuxième dose. Ils ne sont pas suffisamment protégés et peuvent être vecteurs de la maladie. A tout moment, la deuxième injection peut être faite. » Vous ne savez pas si vous avez reçu deux injections ? Mieux vaut vous faire vacciner. Une troisième injection est sans risque sauf pour les femmes enceintes.

 

Une maladie très contagieuseIl s’agit d’un virus qui se transmet par la salive, la toux (les micro-postillons émis dans l’air), les éternuements, les sécrétions nasales. En une semaine, une personne peut transmettre la maladie à des dizaines d’autres personnes.

 

Avec des risques de complications gravesLa rougeole affecte les voies respiratoires et se manifeste par de la fièvre, des yeux rouges, le nez qui coule, une forte toux et des petites plaques rouges. Elles résultent de multiples petits boutons rouges plus ou moins en relief laissant des espaces de peau saine, commencent par le visage et s’étendent à tout le corps en trois jours. Dans la majorité des cas, cette maladie évolue sur 8 à 10 jours et l’on en guérit sans traitement. Mais deux complications graves peuvent se produire : l’infection descend dans les poumons et provoque une pneumopathie. La personne a du mal à respirer et doit être hospitalisée. Deuxième complication possible : l’encéphalite qui peut se manifester plusieurs mois après la maladie. Le virus touche le cerveau et l’on peut en mourir. Les personnes les plus vulnérables ont plus de risques de complications : femmes enceintes, diabétiques, personnes en chimiothérapie ou avec un système immunitaire affaibli.

 

Se faire vacciner pour soi et pour les autres« Faire vacciner son enfant, c’est le protéger, mais aussi protéger les autres et en particulier la population vulnérable », explique le Dr Marie-Noëlle Brelle. Les autorités sanitaires estiment qu’il faudrait que 95% des enfants de 2 ans soient vaccinés pour arrêter l’épidémie actuelle, c’est-à-dire avoir reçu les 2 doses du vaccin. Or aujourd’hui ce taux est de 79% à l’échelle de la France. Dans le Val-de-Marne, 93% des enfants de 2 ans ont reçu une dose et 84% les deux doses.

L’accueil en collectivitéLe vaccin est obligatoire pour les enfants nés après le 31 décembre 2017. Il est vivement recommandé pour les enfants nés avant cette date et particulièrement pour ceux accueillis en collectivité. La maladie étant très contagieuse, un enfant atteint de rougeole peut contaminer une dizaine de personnes d’un coup. Parmi eux, des bébés de moins d’1 an, pas encore vaccinés.

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