14 Novembre 2017

Protéger votre enfant des dangers domestiques

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L’enfant est un petit explorateur, curieux et avide de découvrir tout ce qui l’entoure. Sa maison est pour lui un immense terrain de jeu, où il peut tenter de multiples expériences. Mais encore tout jeune, il n’a pas la conscience du danger et… un accident peut vite arriver ! Comment le protéger, sans briser sa soif de découverte ?

 

Dossier réalisé avec le Dr Elisabeth Delran, Catherine Charpiat, éducatrice de jeunes enfants, Claire Sennepin, puéricultrice, à la PMI Stalingrad à Champigny-sur-Marne, Marie-Jo Golovine, assistante maternelle à Champigny-sur-Marne.

 

Aménagez votre maison

À chaque étape de son développement, l’enfant encourt des risques spécifiques. Partez de son observation pour créer un environnement sécurisant, et lui permettre ainsi d’explorer le plus librement possible sa maison.

 

Ses premiers gestes

A partir de 3 mois, le bébé commence à attraper les objets à sa portée, puis un peu plus tard à se retourner et à rouler sur le côté.

Restez à ses côtés dès qu’il est en hauteur sur sa chaise haute (en veillant à bien l’attacher). Ayez toujours une main posée sur lui lorsqu’il est sur la table à langer, sur votre lit… Les chutes constituent le risque le plus important pour les enfants de moins de 1 an. Attention également au transat dont il pourrait basculer.

Et lorsqu’il est dans son bain ne le quittez pas des yeux car il peut se noyer dans 20 cm d’eau.

 

Il se déplace

Aux alentours des 8/9 mois, il commence à se déplacer à quatre pattes ou en rampant et peut aller très vite ! Il touche tous les objets à sa portée, les met à la bouche. Il utilise tout ce qui est à sa disposition pour se déplacer, se hisser et expérimenter la station debout.

C’est le moment de revisiter chaque pièce en vous mettant à son niveau et en imaginant ce qu’il peut atteindre ou toucher !

Mettez hors de sa portée tout ce qu’il peut mettre à sa bouche et les objets qui peuvent lui faire du mal : produits d’entretien, médicaments, plantes vertes, petites clés sur les portes de meubles bas, bibelots et objets traînant sur la table basse, cacahuètes… sans oublier les sacs plastiques qu’il peut mettre sur la tête.

Protégez les prises électriques avec des cache-prises, les angles de tables basses et autres meubles pointus…

Limitez les accès des endroits dangereux pour lui : escaliers avec des barrières de sécurité, cuisine, chambre de l’aîné s’il y a des jouets non adaptés à son âge qu’il pourrait avaler (Playmobils, Legos de petite taille…). Attention à l’écran plat de la télévision, sur lequel il peut prendre appui pour se hisser. N’utilisez pas le youppala, grisant pour l’enfant mais dangereux, car il risque de rencontrer des obstacles, de se cogner et de basculer.

 

Il marche !

Une grande étape au cours de laquelle l’enfant connaît un développement moteur intense ! Il grimpe et escalade, meubles, canapé, chaises, fauteuils, lits... à la recherche de nouvelles expériences. 

En plus des précautions déjà prises, veillez à faire très attention aux fenêtres : l’enfant peut grimper sur une chaise ou autre meuble pour les ouvrir et se pencher pour voir ce qu’il se passe dehors. Selon l’endroit où vous habitez, équipez-les de blocs fenêtres : ils permettent de les entrebâiller sans les ouvrir complètement.

Faites attention aux nappes et à tout ce qui est posé sur la table : vases, bouilloires, café ou thé brûlant… l’enfant peut tirer dessus. Et rangez le fer à repasser.

Limitez l’accès à la cuisine : four, plaques chauffantes,  casseroles (pensez à tourner le manche vers l’intérieur),  objets coupants…  C’est là qu’ont lieu la majorité des accidents domestiques.

Attention au garage où se trouvent de nombreux objets dangereux et produits toxiques.

Si vous avez un jardin, renseignez-vous sur les plantes toxiques.

 

Une présence constante

Mais le risque zéro n’existe pas et c’est surtout par votre présence, votre regard, vos paroles que vous apporterez à l’enfant cette sécurité dont il a besoin.

La plupart des accidents se produisent lorsque l’attention de l’adulte est déviée sur autre chose : un coup de téléphone, une personne qui frappe à la porte. Un parc avec des jouets et des livres, peut être utile pour ces moments-là. Ils se produisent aussi quand les adultes sont nombreux et que la responsabilité est diluée, dans les réunions de famille par exemple. Veillez à ce qu’une personne porte particulièrement attention à l’enfant.

 

L’avis de Catherine Charpiat, éducatrice de jeunes enfants à la PMI Stalingrad à Champigny-sur-Marne.

Comment protéger l’enfant des accidents domestiques ?

La maison ou l’appartement sont des champs d’expérience extraordinaires pour l’enfant. Il a besoin de réaliser des expériences motrices pour accéder à son autonomie. Il appréhende le monde avec son corps. L’idéal est de lui permettre d’explorer en présence de l’adulte dans un environnement sécurisé. La première chose à faire est donc d’aménager l’espace pour le rendre le plus sûr possible. Mais on ne peut pas tout modifier non plus et l’enfant a besoin d’être accompagné par ses parents dans ses apprentissages.

De quelle manière ?

Par la parole : l’encourager dans ses découvertes, lui expliquer les dangers (« si tu touches le radiateur, c’est chaud »), poser des limites et établir des règles claires sur ce qu’il peut faire et ne pas faire, en lui expliquant à chaque fois pourquoi. Par exemple, grimper sur le canapé, qu’il peut faire en présence d’un adulte, mais pas lorsque l’enfant est tout seul. L’accompagner, c’est aussi faire avec lui (monter, descendre les escaliers…), lui apprendre à maîtriser l’espace, en fonction de son âge et de sa maturité et toujours en présence de l’adulte.

Mais l’enfant teste les limites ?

Oui, effectivement. Et puis certains sont plus « moteurs » ou dynamiques que d’autres. Le ton doit être plus ferme quand il grandit, les limites clairement posées et expliquées. La difficulté est de trouver la juste distance, entre le « trop de protection » et le « trop peu ». Certains parents mettent leurs mains constamment sur le corps de l’enfant, ce qui peut l’insécuriser. Il a besoin d’une distance pour évoluer, avec un adulte à proximité.

 

Les principaux risques

Etouffement : petits aliments (cacahuètes, pain, pommes, raisins…), jouets de quelques millimètres de diamètre, sacs plastiques, foulards, écharpes, colliers...

Noyades : bain, piscine

Chutes : table à langer, chaise haute, escaliers, lits superposés, canapés, youpalas, fenêtres

Intoxications : médicaments, produits ménagers et de bricolage, plantes

Brûlures : eau du bain, objets chauds (four, plaques électriques), liquides et aliments chauds (et notamment après avoir été réchauffés au micro-ondes), flammes.

Electrocutions : prises, appareils électriques, installations défectueuses.

 

Premiers gestes en cas d’accident

Si quelque chose de grave se produit, appelez les secours : Samu (15), pompiers (18).

En cas de brûlure : passez immédiatement la brûlure sous l’eau froide. Laissez couler l’eau pendant 10 mn, cela peut réduire la brûlure d’un degré.

En cas d’intoxication : appelez le centre antipoison Fernand-Widal (01 40 05 48 48) en indiquant le nom du produit et la quantité avalée.

En cas d’étouffement : mettez l’enfant à plat ventre, le visage tourné vers le sol, tapez quatre ou cinq fois dans le dos entre ses omoplates pour évacuer le corps étranger.

En cas de chute : consultez s’il a mal. Observez son comportement :s’il perd connaissance, s’il vomit, s’il refuse de manger, si son comportement change, consultez.

 

En savoir plus

Protégez votre enfant des accidents domestiques – brochure de l’INPES

Téléchargeable sur www.inpes.sante.fr

 

 

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