12 Janvier 2016

Peur du noir : comprendre et accompagner l’enfant

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Il retarde l’heure de se coucher, réclame une lumière allumée, se réveille au milieu de la nuit imaginant des fantômes, des voleurs… La peur du noir fait partie des grandes peurs que traversent l’enfant et correspond à une étape normale de son développement. Elle survient généralement entre 2 et 3 ans et se dissipe vers 6/7 ans.

© Alain Bachellier

Avec Sylvie Stofer, psychologue en PMI

Une imagination décuplée par l’obscurité et la solitude

Dans le noir, l’enfant perd ses repères visuels : il ne voit plus son environnement familier, et du coup il se met à imaginer des choses. Vers 2/3 ans, le cerveau de l’enfant n’est pas encore mature, sa vie imaginaire se développe et il ne fait pas clairement la distinction entre la réalité et l’imaginaire. D’autant que l’obscurité survient au moment où il se retrouve seul dans sa chambre, séparé de ses parents. Il perd ce lien sécurisant et son imagination en est décuplée.

C’est la période au cours de laquelle émerge son désir pour le parent de sexe opposé et où il découvre les grands interdits. Cela éveille chez lui des conflits inconscients, la peur d’être abandonné, rejeté, exclu… qu’il projette sur des figures extérieures imaginaires, monstres, sorcières, ogres, loup…

Comment aider l’enfant ?

En lui demandant et en essayant de comprendre ce qui lui fait peur, en lui expliquant que vous êtes là pour le protéger et en le rassurant avec des explications concrètes : aucun voleur ne pourrait entrer car la porte de la maison est bien fermée à clé, telle forme est l’ombre d’un arbre…

Côté pratique, une veilleuse, une lumière dans le couloir peuvent lui permettre de se repérer dans l’obscurité, s’il se réveille au milieu de la nuit : il peut saisir où il se trouve, retrouver ses objets familiers…

L’important est de l’aider à s’endormir dans un climat apaisé : des petits rituels avant de se coucher, un bon câlin et une histoire permettent de se séparer en douceur et de maintenir un lien sécurisant pour l’enfant. Les petits aiment qu’on leur lise des histoires. Qu’elles soient en rapport avec ce qu’il vit ou non, l’enfant peut se reconnaître dans une situation difficile, s’identifier au héros, se créer des images apaisantes et se détendre. « Vous pouvez aussi lui proposer de visualiser des moments heureux qu’il a vécu dans la journée, il s’endormira sur de belles images », suggère la psychologue.

Vers l’âge de 6/7 ans, l’enfant entre dans une autre étape de son développement et cette peur du noir se dissipe. Cependant, c’est une peur ancestrale, propre à l’espèce humaine et qui peut persister même à l’âge adulte.

Se faire aider si besoin

Si cette peur reste intense ou si l’enfant présente de réels troubles du sommeil, parfois associés à d’autres signes d’anxiété, le mieux est alors de consulter, conseille Sylvie Stofer. « Qu’un enfant ait peur du noir, cela fait partie de son développement. Cela peut devenir compliqué si cette peur fait écho à une angoisse chez les parents et les met dans l’incapacité d’accompagner l’enfant. »

Le fait de traverser cette peur et de la dépasser en s’appuyant sur ses parents participe à la construction de l’enfant et renforce la confiance en lui.

Cécile Dollé

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